Pourquoi mentir et menacer ?

CliniqueIMG_0934

 

 

En réponse à l’article du Républicain Lorrain

 

 

 

 

 

Incapable d’intégrer le patrimoine dans un projet d’urbanisme ?

C’est le cas dans le traitement du projet Ardant du Picq.

C’est avoir une bien triste conception de la conservation et de la réhabilitation du patrimoine que d’affirmer «le patrimoine,moi je le remplace ».

Si les protagonistes traitent ce projet comme une affaire uniquement immobilière, il ne faut pas s’étonner que pour justifier leur démarche mercantile et ambiguë ils soient obligés de se livrer par voie de presse à un chantage à l’emploi et à la santé.

Le patrimoine n’est nullement incompatible avec la création d’emploi, bien au contraire ! Encore faut-il se donner la peine d’y réfléchir sérieusement. Ce n’est pas ce qui a été fait pour cette affaire, empreinte d’une précipitation qui éveille la suspicion.

Il faut se poser la question :c’est une bonne affaire pour qui ?

Certainement pas pour les Naboriens. Pourquoi ne pas avoir intégré les bâtiments de la caserne dans un projet d’ensemble auquel la clinique privée aurait pu prendre part si elle le souhaitait ? Pourquoi dépouiller la commune de ce bien architectural historique pour construire un bâtiment inesthétique, sans âme, avec un grand parking asphalté et par la suite d’autres éléments du même acabit ?

Pourquoi cette communication manipulatrice ?

La manipulation de l’opinion publique est une pratique qui ne brille pas de par son élégance.Elle ne respecte pas l’intelligence des citoyens qui sont fort capables de faire la part des choses.

Encore faut-il leur donner les informations justes, indispensables pour évaluer la situation en leur âme et conscience.

Il faut arrêter de dissimuler les données et de les rendre incompréhensibles en les amalgamant avec d’autres sujets.

Il faut arrêter d’agiter les hochets de la peur avec des affirmations mensongères et des menaces.

La sagesse voudrait que le moratoire que nous avons demandé soit accepté et qu’un débat digne de ce nom soit organisé pour trouver une solution respectueuse du patrimoine et des besoins des Naboriens.

 

Un locataire sur les décombres d’Ardant du Picq ?

 

Nouveau Dessin OpenDocument

Le 19 novembre a eu lieu un grand spectacle au conseil municipal de Saint-Avold.

Cette séance cauchemardesque mérite un grand nombre de qualificatifs peu élogieux mais n’était certainement pas un bon exemple pour la démocratie.

L’autorisation de signer un bail emphytéotique d’une durée de 99 ans a été votée au bénéfice d’une société privée.

Une location très avantageuse pour le locataire car il pourra pour la modique somme de 10000€ par an soit 834 € par mois,  bénéficier d’un terrain d’environ 130 ares en pleine ville sur lequel il pourra construire une clinique privée. Quel investisseur ne rêve pas d’une telle aubaine ?

Naturellement comme à son habitude Monsieur le Maire n’a fait aucune information au public concernant cette opération et maintient un épais brouillard autour de ce contrat.

Aucune évaluation du bien-fondé de cet accord qui liera la collectivité pour un siècle n’a été faite et rendue publique.

Les termes détaillés du contrat de bail n’ont pas été divulgués aux conseillers municipaux avant de solliciter l’autorisation de signer.

Demander à un conseil municipal de donner son accord dans la plus grande ignorance des conditions du bail et surtout des droits et des devoirs des contractants, c’est faire peu de cas de nos représentants élus.

Vu la précipitation et les ambiguïtés dans la méthode de dépeçage du site Ardant du Picq, il est permis de se poser la question « atteinte à la probité publique ou pas ? ».

Il faut effectivement beaucoup de courage et de détermination pour s’opposer à cela, mais pourquoi ne plus s’indigner et ne pas dénoncer ?

Toutes les langues sont-elles muselées, bâillonnées par on ne sait quels moyens ?

Pourtant les associations, les organismes et la presse n’ont-ils pas vocation d’être des contre- pouvoirs dans notre système qui se dit démocratique ?

Notre association continuera à défendre ce patrimoine. Notre conception de la protection et de la conservation est toute autre que celle pratiquée par Monsieur le Maire.

Les Naboriens sont capables d’évaluer les choses et s’intéressent à leur patrimoine culturel et architectural. Ils savent faire la part des choses et aimeraient être consultés sur ce sujet si le dialogue et le débat étaient possibles.

Nous aimerions débattre et chercher ensemble des solutions, argumenter nos points de vue, cheminer vers un consensus, mais à condition que les dés ne soient pas pipés par le jeu des dominations et des pressions des pouvoirs.

 

« Chercher la cause des causes »

                                                     HyppocratesHyppo (2)

 Ceux qui ont les idées n’ont pas le pouvoir et ceux qui ont le pouvoir, souvent, n’ont pas les idées.

 Les chances sont minces que les détenteurs du pouvoir décident d’écouter notre appel concernant la non-destruction du patrimoine unique que représente le site d’Ardant du Picq.

Commençons par un rapide diagnostic qui a quelque chose de brutal dans sa simplicité

En 1996 Jacques Chirac décide de supprimer purement et simplement le service militaire obligatoire sur la base de critères essentiellement financiers. Ce fut une décision lourde de conséquences qui a été prise sans analyser correctement les répercutions futures sur la société française dans son ensemble.

Le service militaire avait une vocation d’intégration et de transmission des valeurs de la République et cet outil pouvait être réorienté vers un service civique, mais là encore la désinvolture ou l’inconséquence de nos dirigeants ont été flagrantes.

Du point de vue économique, les villes de garnisons voient leur économie chuter et elles n’ont souvent pas les moyens mais surtout pas les compétences pour assurer la mutation de cet immobilier qui sera exposé aux attaques du temps et des affairistes avec, parfois, l’aval des politiques.

Le cas de Saint-Avold et de la caserne Ardant du Picq illustre parfaitement cet épisode de notre histoire récente. Alors que faire ?

Une succession de solutions envisageables se sont offertes aux décideurs locaux, mais malheureusement l’incohérence et le manque de volonté collective dans la gestion de ce dossier ont conduit à l’état désastreux que nous pointons.

Puisque le temps des dénonciations est dépassé, venons-en à entreprendre une métamorphose complète de nos habitudes marquant une radicale rupture avec cette manière de conduire les affaires de la cité.

Il n’est guère possible de reprendre dans le détail la liste des propositions, concrètes, pratiques. Elles existent, en abondance, à la disposition de tous les décideurs, gestionnaires de communes ou chef d’État, d’aujourd’hui ou de demain. Elles sont parfois classiques et raisonnables, d’autres fois audacieuses.

Mais quand on voit les directions choisies par nos sociétés actuelles, la victoire cynique de l’égoïsme, la souveraineté des forces de l’argent, le recul de la culture face à la médiocrité, le piétinement des valeurs démocratiques, la montée des intolérances, la mise à sac de la planète faut-il en venir à cette conclusion pour corriger la citation de départ :

« Seul l’accession au pouvoir donne les moyens de passer à l’acte ».