SI C’EST POSSIBLE !

Bitche 03« La conservation est une affaire de mémoire, la réhabilitation une affaire de volonté ».

Les exemples sont nombreux dans l’Est de la France de conservations réussies, alors pourquoi la caserne Ardant du Picq est-elle livrée aux démolisseurs ?

Une question qui demeure posée à Saint-Avold, si l’on compare avec la manière de faire de nos voisins qui traitent ce dossier en tout point similaire avec respect du patrimoine, des deniers publics et de l’avenir de leurs concitoyens.

 

Bitche : le 4e Cuir en passe d’être racheté (Info RL)

Les anciens bâtiments du 4ème régiment de cuirassiers sont inutilisés depuis 1997. Photo RL

Au pied de la citadelle de Bitche, tout près de l’espace Cassin, les vastes locaux autrefois occupés par les militaires du 4e régiment de cuirassiers constituaient une coquille vide depuis longtemps. Trop longtemps. Le bataillon a été dissous en 1997. Après moult tractations, la Ville s’en était portée acquéreur, auprès du ministère de la Défense.

Bonne nouvelle : un compromis de vente vient d’être signé entre la commune et la société Sorepim (Société de réhabilitation du patrimoine et de l’immobilier) spécialement créée avec des capitaux français, luxembourgeois et allemand. Elle se propose d’acheter les six bâtiments pour 250 000 €.

En projet, la création d’une résidence pour seniors, d’un hôtel de grand gabarit (dont manque cruellement le Pays de Bitche), d’un centre de formation à l’hostellerie de luxe (une demande des professionnels) ainsi que d’un centre de rencontre de vétérans. D’un commun accord avec les acquéreurs, l’ancienne place d’armes restera place centrale, réservée aux piétons et aux cyclistes.

Et maintenant soyons créatifs avec notre passé.

St Ex

 

 

 

 

Quit des gesticulations et des énervements des charognards chassés de la dépouille du site d’Ardant du Picq, passons à présent à la réflexion sur la sauvegarde et la réhabilitation.

Le patrimoine ? Tout le monde en parle. Dans les pays occidentaux, on souhaite protéger, conserver, restaurer, on cherche son identité, ses racines dans les témoignages du passé. On craint que la civilisation contemporaine, avide de rentabilité, ne laisse disparaître définitivement les traces des sociétés qui nous ont précédés.

Le débat sur le patrimoine se heurte fréquemment à cette difficulté de faire vivre un héritage, une richesse dans un environnement socio-économique totalement en rupture avec les conditions qui ont présidé à sa création. Concilier l’inconciliable relève souvent du périlleux.

Il s’agit là d’être novateur, imaginatif, ouvert, à l’écoute, respectueux de l’environnement, empreint du passé mais résolument tourné vers l’avenir, un exercice de style pour lequel les solutions plaquées sont à proscrire.

Restaurer en trouvant un usage nouveau pour les bâtiments.

Les conservateurs du patrimoine, les élus, sont confrontés à des dépenses et des règles à respecter pour conserver et valoriser le patrimoine. Ils doivent en voir l’intérêt, calculer et faire par conséquent des choix qui ne sont pas forcément du goût de tous. La conservation du patrimoine est aussi point d’appui pour un développement local.

Posons nous la question, comment ce patrimoine peut, dans le cas d’Ardant-du-Picq, servir de point d’ancrage à un développement ?

Plusieurs atouts peuvent être pris en considération comme base possible pour relancer une forme nouvelle d’économie.

Conserver grâce à la volonté locale et à l’aide extérieure.

C’est sur une politique locale volontariste ainsi que sur la participation et la mobilisation de tous les acteurs souhaitant valoriser ce patrimoine qu’il faudra compter, en particulier les associations, les groupements et les organisations animant les secteurs économiques, sociaux, culturels et touristiques.

Pour réaliser les objectifs il faudra un financement. Il est donc nécessaire de mener des études précises de faisabilité. Elles sont à lancer sur plusieurs thèmes et hypothèses. Les coûts doivent être chiffrés pour chaque opération ou tranche de sauvegarde et de réhabilitation.

Des dossiers sont à constituer et à déposer auprès de divers organismes afin de bénéficier des subventions disponibles à cet usage. Pour mener à bien ce projet, en plus des élus et des différentes associations, il faudra des spécialistes (architectes, urbanistes, paysagistes).

Il faudra rapidement mettre en place un comité de pilotage pour initier et conduire ce projet qui pourrait devenir un fleuron dans le domaine de la réhabilitation de notre patrimoine historique local.

UN SAUVETAGE DE DERNIÈRE MINUTE

 

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LA CASERNE ARDANT-DU-PICQ

 

 

C’est avec un grand soulagement que nous avons appris la mise en instance de classement par le Ministère de la Culture du site de la caserne Ardant-du-Picq.

C’était bien notre dernière chance pour sauver de la démolition ce patrimoine architectural de la ville.

Vu l’urgence, le ministère a pris pris une décision d’instance de classement. Il s’agit d’une mesure conservatoire. Dès que le propriétaire, (dans notre cas la commune) en a reçu notification, tous les effets du classement s’appliquent à l’immeuble considéré pendant un an, délai pendant lequel l’administration peut mettre en œuvre la procédure normale de protection.

Les conséquences sont les suivantes : le site ne peut être détruit, même en partie, ni être l’objet d’un travail de restauration, de réparation ou de modification quelconque sans autorisation de l’autorité administrative [préfet de région] » (article L 621-9 du code du patrimoine).

Les travaux de restauration doivent être confiés à un architecte dont les compétences en matière de restauration du patrimoine sont reconnues (décret n°2007-1405 du 28 septembre 2007).

Il ne peut être cédé (donné, vendu, légué) sans que le préfet de région en soit informé.(article L 621-30 du Code du patrimoine).

Il est heureux de constater que des citoyens volontaires qui se regroupent pour défendre une noble cause peuvent encore réussir à se faire entendre. Notre lutte et notre persévérance ont été récompensées. Notre objectif premier d’obtenir un moratoire sur la démolition est atteint. A présent nous espérons qu’un véritable dialogue en toute transparence aura lieu sur l’avenir de ce site. Notre association à l’initiative de cette demande d’instance de classement se porte d’ores et déjà volontaire pour participer à l’élaboration d’un projet de sauvegarde et de rénovation global, visionnaire et cohérent, répondant aux besoins des naboriens.

Nous ne manquons pas d’idées et de propositions, nous souhaitons qu’elles soient étudiées avec le sérieux et le respect qui se doit.

Nous continuerons à veiller sur notre patrimoine avec toute l’ouverture d’esprit et la vigilance qui nous caractérisent.

Le bureau de l’association Patrimoine-SaintAvold

 Voir le reportage de FR3 Lorraine article.

http://lorraine.france3.fr/2014/03/04/saint-avold-la-caserne-ardant-du-picq-mise-sous-cloche-par-le-ministere-de-la-culture-426817.html

 Voir le reportage de FR3 Lorraine vidéo.

 http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_1920_lorraine_,98556627.html